J’ai enregistré un nouvel épisode du podcast retraçant l’histoire des Nike Pegasus, avec leur création, leur ascension vers la gloire, puis leur disparition de la gamme Nike, avant un improbable retour en force.
Pour ceux qui préfèrent lire, voici la retranscription !
Les Nike Pegasus, des sneakers qui ne voulaient pas mourir
On profite de l’été pour parler d’un modèle qui est redevenu incontournable chez Nike, après plusieurs années à vivoter dans la gamme de la marque au swoosh.
Ce modèle, c’est la Nike Pegasus, un modèle créé au départ pour la course à pieds, et qui durant son histoire, va connaître plus de 40 versions, certaines pour le running, d’autres pour le lifestyle. Mais l’histoire de la Pegasus, c’est avant tout l’histoire d’un modèle qui ne voulait pas mourir. Je vous raconte ça de suite dans Sneakers Culture !
Ce qu’il faut savoir sur la Pegasus, c’est qu’il s’agit de l’un des premiers modèles de running de chez Nike. Vous le savez sûrement, mais au départ, la marque se concentre presque exclusivement sur les modèles pour courir, portée par la passion de Phil Knight et Bill Bowerman pour le sujet. Pour rappel, Phil Knight était un athlète universitaire, et Bill Bowerman était son coach, il a même encadré l’équipe Olympique des Etats Unis.
Quand la Pegasus arrive sur le marché 1982, la technologie Nike Air était encore une nouveauté, et Nike un outsider sur le marché du sportswear.
On est loin de la domination actuelle, et de la connaissance poussée des technologies du swoosh. La Pegasus sera proposée avec une capsule d’air dans le talon, la zone où l’impact est le plus fort pour la plupart des athlètes qui pratiquent la course à pied. C’est pour cela que la paire devait au départ s’appeler la air wedge trainer. Le nom final de la paire, Pegasus, est venu suite à un tirage au sort parmi des suggestions des employés de Nike, avec l’idée de perpétuer la relation entre Nike et la mythologie Grecque.
Sa semelle extérieure gaufrée, un peu comme la Waffle, est issue des tests et tentatives de Bill Bowerman, qui produisait les premiers modèles tests de ces semelles justement avec le gauffrier de sa femme.
En ce qui concerne la paire en elle même, Nike s’était mis en tête se créer la paire qui serait juste en dessous de la meilleure paire possible dans toutes les configurations, faisant ainsi de la Pegasus la paire parfaite pour tous les types de runners.
Durant le premier mois de la commercialisation de la Pegasus, 8 000 paires ont été vendues.
Après deux mois, on montera à 35000 unités.
Et au final, sur le premier trimestre de 1983, Nike en écoulera plus de 300000 paires, un chiffre énorme pour la marque et pour l’époque. La Pegasus s’installe donc directement comme une paire incontournable pour les pratiquants de la course à pieds.
La Pegasus est conçue pour être une paire technique, avec du confort, de l’amorti, du dynamisme, mais aussi pour rester abordable. Cette combinaison lui permet de gagner en popularité, et de booster encore ses ventes, installant le modèle comme l’une des meilleures ventes de Nike pendant près de 10 ans.
Jusqu’en 1993, son design n’évolue presque pas, mais quelques tests apparaissent. On voit notamment un chaussant en élasthanne, une empeigne retravaillée pour un meilleur soutien du pied, et même une unité d’air visible, à la Air Max. Mais la communauté running ne sera pas conquise par ses évolutions, et peu à peu, le modèle va perdre de son attractivité, face à une concurrence tant chez Nike que chez les autres marques de running, rendant la pegasus obsolète. Nike tente même de sortir la paire avec un autre nom, la Nike Arma, mais cela ne trompera personne.

En 1998, la Pegasus est finalement retirée de la gamme Nike, après 15 ans de bons et loyaux services. Les équipes de design et de performance ont alors pour mission de réinventer le modèle, pour le remettre au goût du jour.
L’objectif est simple : il faut revenir à l’essentiel.
La renaissance des Nike Pegasus
En 2000, Nike profite d’une gamme nommée « Bowerman Series » , basée sur un principe simple : le client a raison, et sait mieux que les équipes internes chez Nike pour relancer son modèle. A la tête de cette réinvention, le designer Sean McDowell.
Retravaillée, la nouvelle Pegasus atteindra un chiffre record de 19 millions de dollars de chiffre d’affaires généré lors de ses 12 premiers mois de commercialisation.
Mais cette fois, Nike ne va pas refaire la même erreur, et va pousser de nombreuses nouvelles versions du modèle.
Avec son retour convaincant, la paire va rester en gamme et se développer. En 2006, elle sera l’un des premiers modèles de Nike à avoir droit à une version créée spécifiquement pour les femmes.
Puis viendra l’arrivée de la technologie Zoom Air, un nouvel amorti, bien plus réactif, qui va améliorer à la fois le confort et la performance chez Nike. Cette technologie vient donc équiper la Pegasus à partir de 2010, et va être accompagnée de nombreuses autres évolutions.

La paire va avoir une empeigne bien plus respirante, puis par la suite, l’unité zoom Air va quitter le talon pour venir sur toute la longueur de la basket à partir de la 35ème version de la Pegasus.
Résultat, un succès planétaire, avec 12 millions de paires vendues en à peine un an.
Pour vous situer un peu tout cela, on arrive maintenant à la Pegasus 41, une nouvelle version qui sort donc cet été. Grosse nouveauté, l’ajout de la mousse ReactX, qui assure un retour d’énergie encore meilleur pour les coureurs.
Et dorénavant, il n’existe plus une Pegasus, mais plusieurs versions du modèle. Selon que vous souhaitiez faire du trail, de la course sur route, ou si vous avez besoin d’un modèle imperméable, le modèle est décliné dans de nombreuses versions pour contenter une grande partie des sportifs.
Et si vous aimiez la Pegasus originale, elle existe toujours, elle aussi, mais dans la gamme lifestyle. Le modèle de 1982 n’est plus adapté au sport, et s’est donc trouvé une nouvelle jeunesse comme paire du quotidien, une juste récompense après avoir inspiré tant de modèles et d’athlètes à travers le temps.

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