Il y a ces équipes de super héros qui restent toujours dans l’ombre de l’équipe « Star ». Les Teen Titans avec la Justice League, les Heroes For Hire avec les Vengeurs, et X-Factor, avec les X-Men.
Et le soucis supplémentaire avec X-Factor, c’est que l’équipe qui porte ce nom à changé de nombreuses fois de composition, mais aussi de but.
Dans la version dont je veux vous parler, l’illustre Peter David va redonner ses lettres de noblesse à une équipe qui en avait bien besoin, dans un des runs les plus mémorables du monde mutant de chez Marvel.
Et pourtant, à la composition de l’équipe, pas de Superstar qui fait venir les lecteurs. On commence avec Jamie Madrox, l’homme multiple, Layla Miller, une madame qui « sait des trucs », Rahne, Theresa Cassidy, Monet Saint-Croix, Carosella et Rictor. Pas de Wolverine, d’Iron Man ou autre Spider-Man, non, Peter David transforme X-Factor en une agence de détective, basée à Mutant Town, dans des péripéties qui se situent chronologiquement juste après la decimation, ce moment où la Sorcière Rouge va faire disparaître en trois mois l’immense majorité des mutants de Marvel.

Layla Miller, she knows stuff
« If Nostradamus was reborn as Wednesday Adams, that’d be her«
Theresa Cassidy au sujet de Layla Miller
Des le départ, on suit les aventures de l’homme multiple, au prise avec ses propres multiples personnalités. A force de laisser ses doubles parcourir le monde, il se perd quelque peu entre ce qui est ses souvenirs ou non, et avec sa nouvelle position de leader de X-Factor, lui qui est traditionnellement un personnage secondaire au mieux. Il fait la rencontre, avec son équipe, de Layla Miller, une orpheline énigmatique qui va les guider dans leurs premières enquêtes.

Madrox est alors au cœur d’un enjeu fort dans le monde des mutants à cette époque : la decimation. Suite à un sortilège de la Sorcière Rouge, dont le pouvoir est de remodeler la réalité, 99% de la population mutante a disparu. Ou plutôt, 99% des mutants se sont retrouvés sans leurs pouvoirs. Cette intrigue joue un rôle central dans les premiers runs de X-Factor, entre enquêtes sur le sujet, et réapparition de Quicksilver.
Bien évidemment, l’écriture soignée de Peter David fait aussi la part belle à l’équipe de mutants et autres spécimens de super héros, et les relations interpersonnelles jouent aussi un vrai rôle dans le récit, que ce soit entre Jamie, Monet et Thérèsa, ou entre Rictor et Rahne, avant de tourner autour de Monet, Darwin et Guido.

Les premières aventures de l’équipe vont contribuer à amener un crossover avec les X-Men, Messiah Complex, durant lequel un nouveau mutant va naître, et générer les convoitises des Maraudeurs de Sinistre, des purificateurs, et donc forcément des X-Men, qui vont demander de l’aide à X-Factor.
Si l’histoire est assez classique, ce sont ses conséquences qui vont être plus qu’intéressantes, notamment pour Layla Miller, qui va se retrouver envoyée 80 ans dans le futur !

On passe alors dans une phase plus sombre, avec une équipe qui commence à changer. Exit Layla Miller, mais aussi Rahne Sinclair, pendant que Theresa attend un enfant de Jamie. Bienvenue dans le monde des intrigues de Peter David, un expert de la narration, ou les histoires personnelles entre ses personnages sont toujours le point central de l’histoire, le reste étant des péripéties presque secondaires, ce qui fait tout l’attrait de X-Factor.

Car oui, X-Factor n’est pas un comics pour enfant sous la direction de Peter David. Au delà des sujets abordés, plutôt adultes, quand Arcade vient embêter l’équipe, il n’hésite pas à brûler vivante une innocente. Pour le fun.
Un vilain qui se suicide, Mutant Town qui part en flamme, des thèmes comme l’avortement et la fidélité, Peter David gère X-Factor comme une équipe d’adultes, et non pas simplement des héros costumés qui combattent les méchants. On est sur un vrai récit prenant, écrit, pensé, et réalisé par un vrai maître de l’écriture, qui connaît cette équipe comme sa poche, pour l’avoir déjà écrite auparavant.

Car Peter David est un maître de la narration, et il connaît l’équipe comme sa poche, puisqu’il a déjà écrit ses aventures durant les années 1990. Mais même si l’équipe porte le même nom, si vous n’avez jamais lu le premier run de PAD sur X-Factor, vous manquerez tout au plus quelques private jokes, ce qui ne gênera en rien votre compréhension de l’histoire.
Car l’histoire du X-Factor s’étend au final sur 8 ans !
8 ans de Comics, à suivre les pérégrinations d’un Jamie Madrox qui a force de ne pas savoir quoi faire, decide de faire un peu tout.
Et pour cette fois-ci, Peter David a construit une équipe très surprenante, composée de personnages dont personne ou presque n’a rien à faire. Puis, le temps avançant, des équipiers vont venir et partir, mais toujours des personnages secondaires de l’univers Marvel, comme Shatterstar, Longshot, Pip ou Darwin. Seuls Polaris et Havok interviendront en fin de récit, pour mieux préparer la suite.

Car si le run de Peter David est incroyable et prenant, il se conclut en laissant une porte ouverte pour la continuation de X-Factor, qui continuera effectivement d’exister sous une autre forme.
Les personnages de l’intrigue, de Madrox à Layla Miller, en passant par Guido et Monet, voient tous leur arc se conclure, aucune histoire secondaire n’étant laissée en suspend.
Histoire majeure de l’univers des mutants Marvel, elle ne concerne que des personnages mineurs, même si l’on croisera Wolverine, Cyclope et quelques autres, c’est aussi ce qui fait tout son charme. Avec ses thèmes adultes, et ses possibilités plus larges, car oui, c’est bien plus simple de « tuer » Monet Saint-Croix que Jean Grey par exemple, X-Factor ne laisse pas ses protagonistes respirer, et nous amènera sur de très larges univers, passant des enquêtes dans les rues de New-York aux péripéties intergalactiques.
Pour faire simple, c’est un récit mythique de Marvel, trop peu souvent reconnu à sa juste valeur, qui est en plus en cours de réédition en Français, l’occasion pour vous de vous lancer.

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