Je profite de ce week-end all star pour me plonger dans l’un des modèles basketball qui a marqué l’histoire de Nike, la Nike Hyperflight. Grande sœur de la Foamposite, avec qui elle partage son créateur, la paire, rendue célèbre par Jason « White Chocolate » Williams, est le symbole d’une époque ou Nike osait essayer, plutôt que de se reposer sur ses lauriers.
Quand Eric Avar se prend pour Bill Bowerman
L’idée de la Air Hyperflight est venue d’une question que Eric Avar, designer de chez Nike, s’est un jour posée : « Si Bill Bowerman créait une paire de sneakers pour le basketball, à quoi ressemblerait-elle ?« .
Car Bill Bowerman était un visionnaire, un créatif, une personne qui tentait des choses pour améliorer les performances des athlètes Au moment de ce projet, Bill Bowerman vient alors de mourir. C’est quelque part un hommage pour le co-créateur de Nike qui a poussé la création de cette paire.. Et c’est donc avec cet état d’esprit que Avar s’est lancé dans la création de son modèle basketball.
On a la chance d’avoir eu tout le contexte sur la création du modèle de la part de son créateur.
Juste après la disparition de Bowerman, qui était pour beaucoup chez Nike un guide, voire un mentor, Eric Avar était sur le campus de Nike. Il découvre alors une vidéo retraçant la vie de Bowerman, C’est à ce moment que Avar se retrouva seul, et se posa la question de savoir ce qu’aurait fait Bowerman pour une paire dédiée au basketball.
Car à chacune des interactions que Avar avait eu avec Bowerman, ce dernier le challengeait. « Peux tu rendre ton modèle plus léger ?« , lui demandait il souvent par exemple. C’est comme cela que Avar s’est retrouvé imprégné de la vision du créateur de Nike pour ses designs et ses créations.
Et c’est donc avec cette idée en tête que la création de la Hyperflight a débuté. Eric Avar est parti, comme souvent chez Nike, d’une paire dédiée au running. Le créateur a repris une paire de pointe de chez Nike, et a ensuite cherché à l’adapter pour les parquets NBA.

On est alors à l’aube de l’an 2000. La scène basketball évolue alors très vite, et l’influence culturelle du hip-hop commence à fortement se faire sentir. Eric Avar mélange tous ses éléments, et, en pensant aux meneurs de jeu les plus rapides et agiles de l’époque en NBA, il se met à créer un modèle minimaliste, léger, mais avec un vrai design unique. C’est ainsi que sont nées les Hyperflight !
« Nous les avons probablement faites un peu plus futuristes qu’il (Bill Bowerman) ne l’aurait fait, mais nous avons gardé l’essence du modèle, d’être des pointes d’athlétismes, mais adaptées au basket, le plus minimaliste et légères possibles, tout en assurant l’amorti nécessaire aux joueurs » dira alors Eric Avar après la sortie du modèle.
A sa sortie, la paire fera sensation, avec son empeigne moulée, et ses amortis mécaniques, elle lancera une toute nouvelle tendance, qui perdurera près d’une décennie chez Nike comme chez ses concurrents, preuve de l’influence d’Eric Avar dans le monde du basketball.
Le Nike Alpha Project
Lors de leur sortie, les Nike Air Hyperflight ne passent évidemment pas inaperçues. Immanquables sur les parquets de la NBA, elles feront grosse impression sur les joueurs, mais aussi sur les designers et les fans de sneakers. La paire est alors l’une des plus légères jamais créée, un avantage de plus dans une période ou la rapidité des meneurs de jeu est un vrai avantage pour les équipes de la ligue.
La paire fait partie de que Nike nomme le « Alpha Project« , lancé en 1999, avec les Jeux Olympiques de Sydney en ligne de mire, dans le but de créer des modèles qui répondront aux besoins et attentes des athlètes, pour mettre en avant la capacité d’innovation et de création du swoosh.
La Hyperflight comprend une semelle intérmediaire en Phylon, une empeigne en cuir synthétique, évidemment un amorti Zoom Air, et une structure externe venant assurer la stabilité de la paire, et du pied de celui qui la porte. Ce type de design sera repris par la suite sur des autres modèles de la gamme Flight, comme les Air Zoom GP IV et les Nike Zoom Ultraflight. Il servira aussi à inspirer le modèle suivant de Eric Avar, la Foamposite.

White Chocolate et les Sacramento Kings de la grande époque
Mais pour lancer un modèle efficacement, rien ne vaut une tête d’affiche correspondant parfaitement à l’esprit de la paire. Et Nike aura la chance de la trouver en la personne de Jason Williams, surnommé White Chocolate, alors meneur de jeu aux Kings de Sacramento, l’une des équipes ayant le jeu le plus attrayant de toute la NBA.
JWill portera le modèle durant l’intégralité de la saison 2000-2001, avec un coloris violet qui complètera la tenue des Kings de l’époque. Il aura le droit à une paire « Player Edition », avec son numéro 55 brodé sur la languette, et en lieu et place du « Flight », visible sur les paires destinées au grand public, on retrouvait « JWill », son surnom, indiqué au talon. Bien évidemment, cette version n’a été produite qu’en très petite quantité, et a rendu la paire absolument légendaire dans la sneakers culture.
Plus tard, quand White Chocolate sera transféré à Memphis, il portera la paire, mais avec cette fois-ci le numéro 2, et non plus le 55, pour reprendre le numéro de son maillot. Si d’autres joueurs ont porté la Hyperflight, c’est bien Jason Williams qui en sera le meilleur représentant.

Des sneakers pas très confortables malgré tout
Mais si la paire a marqué son époque, et l’histoire de la sneakers, elle n’est pour autant pas une réussite à tous les niveaux. Car les Hyperflight, malgré leur légèreté, ne sont tout simplement pas confortables. A tel point que durant les play-offs NBA de 2001, Jason Williams troquera ses Hyperflight pour des Air Force Carbide, gêné par ses sneakers et leur manque de confort. Et si White Chocolate reste associé aux Hyperflight, il portera une multitude d’autres modèles, comme les Air Jordan XIV, les Nike Air Holistic Uptempo, les Air Team Max Zoom, et aussi les Air Force Authority.
Malgré ce (gros) défaut, la paire aura durablement impacté la sneakers culture. D’un point de vue marketing, la Hyperflight sera présente dans toutes les « grandes » publicités Nike de l’époque, comme la « Nike Freestyle Rythm », que tout fan de basket a déjà vu.
Elle restera synonyme d’évolution, d’innovation, un modèle au croisement du design, des tendances de son époque, et de la mode.
Et en 2026, plus d’un quart de siècle après sa première sortie, la paire est toujours considérée comme l’une des plus futuristes, les plus avant-gardistes, et comme le point de départ d’une vraie révolution dans les sneakers basketball, révolution débutée au début du nouveau millénaire.
Par sa forme, ses matières, et ses coloris, la Hyperflight a révolutionné le monde de la sneakers, durablement.

Les Hyperflight de retour en 2026
Et comme Nike semble vouloir retrouver son énergie de l’époque, notamment avec leur nouveau modèle, la G.T Future, il semble totalement logique que la marque nous gratifie de versions rétro de la Hyperflight. Le modèle va donc revenir en 2026, mais pour le moment, on ne sait pas si le confort aura été revu, ou si on retrouvera exactement le modèle de l’époque.
Pour les fans de sneakers, collectionneurs, c’est une aubaine. Mais pour ceux qui voudront la porter au quotidien, prenez garde à vos pieds. Mais comme dit l’adage, il faut souffrir pour être beau !
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