Dans une interview accordée à The Athletic, Todd Krinsky, PDG de Reebok, détaille les ambitions de la marque, notamment sur le basketball. Je vous propose un petit retour sur tout ce que l’on a pu apprendre de ces échanges !
Shaq et Angel Reese comme étendards !
Après près de 20 ans d’absence dans le monde du basketball, Reebok a mis en place un retour ambitieux. Portée par son PDG Todd Krinsky, présent chez Reebok depusi plus de 30 ans, et avec Shaquille O’Neal à la tête de sa division basket, la marque entend bien renouer avec son passé glorieux, une époque ou elle était leader sur ce segment, portée par Shaq, déjà, mais aussi l’incontournable Allen Iverson.

Et pour ce retour, la marque a pris le contre-pied de beaucoup de ses concurrentes, en misant en premier sur le basket féminin. Le grand nom qui est arrivé en premier chez Reebok est Angel Reese, star du basket féminin et figure montante de la WNBA dans un duel à distance déjà monté en épingle par les médias avec Caitlin Clark, qui a elle rejoint Nike.

Angel Reese est un choix qui colle vraiment à l’image Reebok. Avec sa forte personnalité, son influence culturelle grandissante, et son style assumé, elle a tout pour être un phénomène à la Iverson, version WNBA.
Krinsky décrit Reese comme une « provocatrice charismatique », un caractère qui correspond à ce que recherchait la marque.
« Elle ne cherche pas les polémiques, elle vit sa vérité. Elle incarne ce que nous avons toujours cherché à valoriser. »
Todd Krinsky sur Angel Reese
Le choix d’Angel Reese souligne aussi l’importance prise par la WNBA dans la stratégie de Reebok. « Ce n’est plus une réflexion secondaire. La WNBA est au cœur de notre projet. » dit le PDG de la marque, conscient que le sport féminin est en plein essor, et que toutes les marques sont en retard. Autant donc se baser là dessus pour se relancer, plutôt que sur un marché masculin ou les positions sont déjà très établies.
Shaquille O’Neal, un président très impliqué
Si le rôle de Shaquille O’Neal pouvait sembler symbolique, entre ses multiples business et son rôle de consultant à la télé, Krinsky nous décrit tout le contraire : « Il est là toutes les semaines. Il appelle les jeunes joueurs, il parle aux parents, il participe aux réunions. ».
L’engagement du Shaq semble donc réel, servant ainsi de pont entre le passé glorieux de la marque et son avenir.

Une approche résolument tournée vers la jeunesse et la culture
Plutôt que de courir après les stars confirmées de la NBA, déjà hors de prix pour la marque, Reebok préfère miser sur les jeunes talents. Le jeune Matas Buzelis ou encore Nate Ament, qui évolue lui toujours au niveau universitaire, font partie des nouveaux visages de la marque, même s’ils sont encore dans l’ombre d’Angel Reese.
Pour Krinsky, c’est un choix stratégique, même s’il omet d’aborder le facteur financier : « Aujourd’hui, les jeunes consomment le basket différemment. Ils suivent des lycéens ou des freshmen en NCAA avec autant d’intérêt que les stars NBA. Ces joueurs influencent déjà la culture. »
On peut tout de même penser que si Reebok pouvait se payer Wenbanyama ou Ja Morant, elle l’aurait fait.
Le retour de Reebok s’appuie aussi sur les nouvelles règles du marketing sportif : la marque produit énormément de contenus courts, construit son storytelling via TikTok et Instagram, et travaille son « influence organique » plutôt que des spots TV traditionnels. Un vrai pari, là aussi à frais réduits.
Le pari des contrats NIL (Name, Image and Likeness)
Reebok tire aussi parti des nouvelles règles NCAA (le basket universitaire Américain) sur la monétisation de l’image des étudiants-athlètes. Ils peuvent dorénavant signer des contrats NIL avec des lycéens ou des étudiants prometteurs, la marque s’assurant ainsi une fidélité dès le début de leur carrière, et les jeunes pouvant monnayer leur talent, là ou dans le passé, seuls leurs universités et leurs coachs en profitaient.
« Ces deals sont parfois aussi lucratifs que ceux de joueurs NBA moyens », note Krinsky. « Et surtout, ils nous permettent de les accompagner sur le long terme, de la NCAA jusqu’à la NBA. »
Reebok préfère parier sur des possibles stars plutôt que sur des joueurs moyens de la NBA, qui n’offrent pas suffisamment de visibilité à la marque.
Une renaissance qui prend son temps
Loin d’une stratégie de relance précipitée, Reebok préfère donc miser sur une reconstruction progressive.
La marque se construit avec des choix de signature d’athlètes ciblés, avec la mise en avant de personnalités fortes avant même de parler de talent (même si ils n’en manquent pas), et un vrai retour à la narration et au lien émotionnel avec les fans.
Avec Shaquille O’Neal en guide, Angel Reese comme nouveau visage et étendard, et une stratégie axée sur l’authenticité et la culture, Reebok entend bien retrouver une place de choix sur le parquet – et surtout dans l’imaginaire collectif du basketball. Et les ambitions sont là. Dans son documentaire Netflix, Shaq annonce vouloir dépasser Adidas en NBA sous trois ans. On lui souhaite bon courage.
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