Je vous l’ai dit, 2023 sera l’année de Jordan, à n’en pas douter. Entre sorties, événements et surprises, la marque et Michael Jordan seront mis à l’honneur durant toute cette année. Ce n’est donc pas une surprise de voir un film basé sur la signature inattendue de His Airness chez Nike en prévision.
Ben Affleck et Matt Damon aux manettes
Les deux amis d’enfance, stars du cinéma, Matt Damon et Ben Affleck se sont donc lancés dans ce projet un peu fou : porter à l’écran l’histoire un peu folle de la signature de Jordan chez Nike.
On le sait, à l’époque, Jordan n’avait d’yeux que pour Converse et Adidas, mais avait fini par se laisser tenter par un contrat de 5 ans à un demi million de dollars l’année que Nike lui avait proposé.
Ce contrat reste encore aujourd’hui comme une pierre fondatrice de la sneakers culture, puisqu’il a permis à Nike de redresser des affaires qui stagnaient, puis à créer la marque Jordan, encore adulée aujourd’hui.
Sonny Vaccaro en personnage principal
Le personnage de ce film ne devrait pas être Michael Jordan, mais bien l’homme qui a réussi à le faire signer, Sonny Vaccaro. Son personnage sera tenu par Matt Damon, tandis que Ben Affleck, lui, interprètera Phil Knight, le co-fondateur de Nike.
L’idée est de suivre leur périple dans la quête du graal : la signature de Michael Jordan, sur lequel ils miseront l’avenir de leur entreprise.

La folle histoire de Sonny Vaccaro
Dans la réalité, Sonny Vaccaro est celui par qui tout est arrivé. Fan assidu de basket-ball, il est persuadé que Jordan est celui qui va boulverser la NBA, et ce, depuis qu’il a permis à sa Fac de remporter le tournoi NCAA de 1982. Alors que Jordan va tout juste entrer dans la ligue de basket Nord-Américaine, il est persuadé que Nike doit tout miser afin de le signer, une opinion pas franchement partagée à l’époque.

Il faut dire que Vaccaro a l’habitude de jouer avec les règles. Alors qu’à l’époque, les contrats de sponsoring des joueurs universitaires sont strictement interdits, il contourne la législation : il fait signer à certains entraineurs des contrats, puis leur envoie des paires de sneakers pour les joueurs. Une pratique à la limite de la légalité qui fera froncer des sourcils au sein même de chez Nike, ou une enquête du FBI sera demandée en interne.
Et Vaccaro est un personnage sulfureux. Tout ce qu’il gagne, ou presque, il le met en jeu chez des bookmakers, partageant son temps entre contrats pour Nike et paris sportifs ou hippiques. Mais avec son carnet d’adresse et son style hors-du-commun, il réussit quelques coups de maîtres.
Par exemple, en 1979, il fait porter Larry Bird en Nike, sur la couverture de Sports Illustrated. Un coup de pub inattendu et bienvenue pour la marque au swoosh.

L’été 1984, la folie de Nike
En 1984, Nike, qui est encore perçue comme une marque de running, et les dirigeants veulent absolument changer cela. La marque a alors une enveloppe de 2,5 millions de dollars, afin de faire signer les joueurs les plus prometteurs de la NBA. En tête de la liste, Charles Barkley. Sonny Vaccaro, lui, ne jure que par Jordan. Il est persuadé que MJ, à lui seul, suffira à générer le marketing et l’attente pour vendre les paires de la marque. Et il se met donc en tête de convaincre Jordan. Avant même d’en parler à Nike.
Et là, la chute est rude. Lors de la première rencontre entre les deux hommes, Vaccaro découvre que Michael Jordan ne connaît même pas Nike, alors signer pour cette marque ne fait même pas partie de ses options les plus folles. Les leaders du marché sont Converse et Adidas, et Jordan rêve de les rejoindre.
A l’époque, Jordan commence tout juste à toucher de l’argent, et n’a qu’un rêve : s’offrir une voiture. Pourtant, rien ne va se passer comme prévu.
Converse, qui équipe déjà Magic Johnson et Larry Bird, ne veut même pas entendre parler de Jordan. Adidas a signé un gros contrat avec Kareem Abdul-Jabbar, et ne se voit pas miser autant sur Jordan, un rookie sorti de la Fac qui doit encore faire toutes ses preuves. Profitant du flou, Vaccaro organise un rendez-vous entre Jordan et Nike dans les bureaux de la marque, dans l’Oregon.
Jordan ne viendra pas !
Mais la veille du rendez-vous, c’est la catastrophe. Michael Jordan n’est vraiment pas motivé par la perspective de signer chez Nike, et dit alors qu’il se sent « fatigué ». Il annonce alors qu’il ne viendra pas au rendez-vous convenu, de l’autre côté des Etats-Unis. C’est un personnage inattendu qui va sauver la situation : Deloris Jordan, la mère de Michael, le pousse quasiment dans l’avion pour le forcer à écouter une offre qu’elle juge impossible à refuser.

Vaccaro, de son côté, a œuvré en interne pour que la marque mise tout sur Jordan. Lorsqu’il arrive, on lui propose donc un contrat de 2,5 Millions de dollars, et surtout, 25% de royalties sur chaque paire vendue. Si aujourd’hui ces montants paraissent loin des standards du sponsoring sportif, à l’époque, c’est juste énorme. Jordan serait alors mieux payé par Nike que par les Bulls de Chicago, et deviendrait donc millionnaire avant même d’avoir disputé le moindre match en NBA. Pour conclure le tout, Sonny Vaccaro fait rouler sur la table deux petites voitures miniatures, pour finir de convaincre Jordan de signer pour la marque.
Un film après le documentaire
C’est donc toutes ces histoires, et probablement bien d’autres, que Matt Damon et Ben Affleck vont porter sur grand écran. La vie de Sonny Vaccaro avait déjà été retracée dans un documentaire de ESPN, un des fameux 30 for 30. Cette fois, donc, ce sera un film, produit notamment par Amazon, dont on attend avec impatience la date de sortie.
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